Entre 4 et 7 ans, les enfants boudent légumes verts, viande et poisson… Casse-tête pour les parents qui veillent à l’équilibre alimentaire de leurs enfants, la néophobie alimentaire infantile est pourtant une évolution normale du goût des enfants.     

 

Anticiper le rejet

Un enfant qui aura eu une grande diversité alimentaire avant la période de néophobie considérera plus facilement ces aliments comme familiers, et les rejettera moins. Et un aliment découvert en bas âge aura toutes les chances d’être parmi ses préférés plus tard.
 

Pourquoi ce rejet ?

Quatre hypothèses peuvent s’imbriquer :

1. Le besoin de s’affirmer face aux parents. Certains enfants sont d’ailleurs moins difficiles en leur absence.
2. Le besoin de se sentir sécurisé. La découverte de l’école et de ses apprentissages peuvent donner à l’enfant le besoin de se rassurer, entre autres avec des aliments connus.
3. La volonté d’affirmer son autonomie. Il fait ses premiers choix, auparavant assumés par ses parents, et se trouve confronté à l’angoisse de «mettre en soi» quelque chose qu’il ne connaît pas (l’angoisse d’incorporation). Elle se trouve renforcée par l’inquiétude des parents face aux risques d’intoxication alimentaire.
4. Une forme de rigidité intellectuelle. Entre 2 et 7 ans un brin de persil sur une purée peut transformer pour l’enfant ce plat connu en parfait inconnu. Toute chose, même légèrement changée, lui devient complètement nouvelle.
 

Aliments familiers, aliments presque adoptés

Il faut laisser du temps au gastronome en herbe : la familiarisation aux aliments ne se fait pas en un jour et prend place dans la durée et dans un contexte familial. Il faut lui proposer l’aliment à plusieurs reprises et le consommer en famille. Sans oublier qu’il peut juste ne plus avoir faim ou ne pas en avoir envie ce jour là.
 

Informer et «apprivoiser»

Face à l’inconnu, l’enfant a besoin d’informations : lui dire que le goût est bon, que c’est bon pour les enfants, le lui faire sentir (les enfants aiment peu les saveurs fortes et le chou-fleur n’est pas leur légume préféré !), toucher, bref apprivoiser. Les parents ont un grand rôle à jouer : celui d’éducateur au goût. Et surtout ne dramatisez pas et retrouvez quelques astuces dans l’article «Des goûts et des saveurs» pour varier son alimentation en douceur.
 

Pas d’enjeux…

Manger n’est pas «troquer». Le menacer d’une récompense va augmenter son goût pour l’aliment «récompense» et renforcer son rejet de l’aliment «chantage». S’il se lance et en goûte, laissez-lui le choix de la quantité, sans pression.

Jetez un coup d’oeil à notre article: Comportements Alimentaires des enfants de 4 à 12 ans

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