Au Québec, on estime qu’environ 300 000 personnes ont des allergies alimentaires (4 % de la population). Dans les écoles primaires, 40 000 enfants québécois vivent avec des allergies alimentaires. Le Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec estime que 6 % des bébés et 3% des enfants de 10 ans et plus et environ 1 à 2 % des adultes sont affectés par une ou des allergies alimentaires. Mais, naît-on allergique ou le devient-on ? Éclairage.

 

Avant de savoir si on naît ou devient allergique, comprenons le fonctionnement même des allergies.

7% des familles québécoises comptent au moins une personne allergique (parents, famille, amis, collègues de bureau, partenaires d’affaires, etc.) L’allergie alimentaire est une réaction excessive du système immunitaire contre un ou des composants, théoriquement inoffensifs (s), d’un aliment : poisson et œuf, crustacé, soja, cacahuète, céréale… Elle se déroule en deux phases. Lors d’un premier contact avec cette substance, que ce soit par ingestion, inhalation ou par toucher, le système immunitaire fabrique silencieusement des anticorps spécifiques capables de la mémoriser et de la reconnaître ultérieurement. C’est l’étape dite de «sensibilisation». Il suffit alors d’un nouveau contact pour que la seconde phase s’active. C’est alors un combat qui s’engage, au cours duquel certaines cellules s’ «enflamment», cherchant à capturer les intrus et à défendre l’organisme. C’est la réaction allergique, plus ou moins grave selon les individus.

 

Comportements sociaux et habitudes alimentaires responsables ?

Certaines personnes ont un terrain génétique qui les prédispose à devenir allergiques. Mais cela ne suffit pas à expliquer la progression de cette maladie, notamment dans les pays développés. Les preuves s’accumulent en revanche contre l’évolution des comportements sociaux et des habitudes alimentaires. Ainsi, certains spécialistes ont constaté que le fait de ne pas allaiter son bébé, ou de passer trop vite au biberon pouvait avoir un effet prédisposant chez l’enfant.

 

Il en est de même de la diversification alimentaire précoce, pourtant encouragée il y a vingt ans.

La consommation de produits venus d’ailleurs a également élargi la palette des allergènes : fruits exotiques, soja, arachide, sésame… Il pourrait s’agir d’une réaction de rejet de l’organisme, habitué jusque-là à une certaine «routine» alimentaire. En outre, les produits industrialisés, de plus en plus présents à nos tables, contiennent couramment de nombreuses substances potentiellement allergisantes (blanc d’œuf, farine de lupin, poudre de lait, arachide). Et des additifs comme certains colorants ou conservateurs, ce qui multiplie d’autant le risque de réaction. Reste, enfin, la «théorie hygiéniste» selon laquelle l’aseptisation croissante de notre environnement pourrait avoir provoqué une modification de notre profil immunitaire : nous serions de moins en moins aptes à nous défendre contre les agressions extérieures.

 

Pas d’âge pour les allergies

Une réaction allergique brutale peut survenir à n’importe quel âge, même chez un adulte jusque-là épargné. Peut-être n’avait-il jamais été au contact de l’allergène auparavant ou que l’exposition n’avait pas été suffisante pour que le «seuil de tolérance» du système immunitaire soit franchi. Cela dit, certaines allergies alimentaires dépendent parfois de l’âge. Celle, par exemple, aux protéines du lait de vache qui touche majoritairement les nourrissons et les enfants en bas âge. Ou encore celle à l’œuf, qui représente 34% des allergies pédiatriques contre 1,3% de celles rencontrées chez les adultes. Ces derniers sont en revanche plus sensibles aux crustacés, aux noix, au sésame et, surtout, à certaines catégories de fruits et légumes : le groupe latex (avocat, banane, kiwi…) et les rosacés (abricot, pêche, poire, fraise, pomme…). Peut-on toutefois espérer qu’une allergie alimentaire développée dans l’enfance disparaîtra avec le temps ? Parfois oui, comme justement celle aux protéines de lait de vache (80% de guérison spontanée). Parfois non, comme celle à l’arachide, dont on ne se débarrasse que dans 20% des cas.

Les statistiques proviennent du site http://allergies-alimentaires.org

 

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