De 9 à 12 mois, l’autonomie de Bébé s’étend dans tous les domaines. Il se tient assis à table et veut manger seul avec sa cuillère. Pourtant, tout n’est pas si simple…

Bientôt 1 an, le grand virage de l’autonomie

Tout d’abord, même si Bébé commence à avoir de petites dents, il n’est pas pour autant capable de manger « comme un grand ». Le passage de la succion à la mastication – qui va lui permettre de manger sans risques des petits morceaux – est une étape longue et complexe, dont la mise en place effective se fait entre 8 mois et 2 ans et demi. Donc, si à 9 mois la texture des aliments commence à se faire moins lisse, le temps des vrais morceaux n’est pas encore venu !

Sur le plan nutritionnel, les besoins de Bébé restent très spécifiques et exigent des réponses parfaitement adaptées. Malheureusement, à cet âge, beaucoup de parents ont tendance à recourir à une alimentation pour homme ou femme adulte. C’est un bien mauvais réflexe : des études scientifiques ont en effet révélé qu’en France, à l’âge de 6 mois, un enfant sur trois souffre de carences en fer. Bébé aura donc besoin de toute votre attention pour éviter ces embûches. À vous de le guider dans sa recherche du goût et de lui donner de bonnes habitudes pour équilibrer son alimentation.

 

Bébé suit le chemin des saveurs et des textures

Entre 9 et 12 mois, Bébé crapahute, grimpe partout et se dépense sans compter. Chemin faisant, il sollicite ses muscles sans retenue et met sa toute jeune ossature à rude épreuve. Cette grande dépense d’énergie doit être couverte par des apports nutritionnels spécifiques. Seule une alimentation variée et bien équilibrée permet d’éviter les excès comme les carences. Cette alimentation doit contenir des nutriments comme le fer, le calcium, les vitamines et les acides gras essentiels (A.G.E.), qui ont un rôle bien déterminé pour l’organisme de Bébé. Leur bonne association contribue à lui garantir une croissance harmonieuse et régulière.

Le fer, l’énergie à tout faire de Bébé

Plus d’un enfant sur trois a des apports insuffisants en fer. C’est le constat généralement observé vers l’âge de 9 mois. À cette période, l’activité physique de Bébé est très intense : acquérir des réflexes, coordonner la marche, attraper des objets et les porter à la bouche, c’est tout un programme ! Bébé utilise donc beaucoup de fer pour faire fonctionner ses muscles, ce qui multiplie d’autant les risques de carence, synonyme de fatigue et de plus grande sensibilité aux infections quotidiennes. Le fer qui se trouve en petite quantité dans les légumes est difficilement assimilable. La viande en contient davantage, mais les quantités recommandées (20 g) ne couvrent pas suffisamment les besoins de Bébé. 500 ml de lait infantile vous permettent de couvrir 70% des besoins quotidiens en fer de Bébé. Pour un apport équivalent, il vous faudrait au moins 13 litres de lait de vache demi écrémé, lait qui comporte 25 fois moins de fer que le lait infantile !

Le calcium, l’atout secret des os solides!

Le squelette humain se construit dès les premiers mois et jusqu’à bien au-delà de l’adolescence. Il est donc indispensable de couvrir les besoins de Bébé en calcium dès maintenant, pour ne pas accumuler de retard. Les légumes, les fruits et les fromages pasteurisés qui figurent au menu de Bébé ne lui apportent pas les 600 mg de calcium journaliers nécessaires à sa bonne croissance.

 

Quelques aliments que découvre enfin le bébé!

Le fromage

Bébé est prêt pour ses premières expériences en fromage. Quelques miettes légèrement écrasées sur une petite tartine ou un croûton de pain, c’est très bien pour débuter! Choisissez des fromages pasteurisés un peu mous, qui s’étalent bien, comme le brie, le camembert… Bébé peut aussi apprécier le caractère de certains fromages plus forts comme le roquefort, ou préférer sucer une lamelle de cantal ou de gruyère.

Cependant, ne lui donnez pas de fromage au lait cru avant l’âge de 3 ans ! Pensez bien sûr à enlever les croûtes des fromages. Et si vous en donnez en grande quantité, diminuez la proportion de viande ou de poisson pour ne pas doubler les protéines animales.

Les légumes

Si les légumes sont nécessaires à l’équilibre de Bébé, il arrive souvent qu’ils ne soient pas au palmarès de ses préférences. Pourtant, c’est le moment de lui donner les bonnes habitudes alimentaires ! Entre 9 et 12 mois, Bébé a besoin de 200 grammes de légumes par jour. Vous pouvez lui proposer dorénavant sous forme de purée grossièrement écrasée à la fourchette pour compléter son apprentissage. Mais soyez vigilant ! Les légumes ou les fruits frais ne sont pas soumis aux normes de la législation des aliments infantiles qui restreint le taux de nitrate. Certains d’entre eux peuvent présenter un taux de nitrate supérieur aux normes fixées par l’alimentation infantile. Si, une fois surgelés, les légumes gardent précieusement leurs vitamines, ils n’en conservent pas moins des résidus indésirables. Ainsi, des épinards surgelés peuvent contenir un taux de nitrates toléré par notre organisme, mais qui peut être nocif pour celui de Bébé. Ce taux dépasse de beaucoup la quantité maximale imposée par la réglementation sur l’alimentation infantile. Pour des bébés à partir de 4 mois et plus, ce taux ne doit pas excéder 250 mg/kg de produit fini. Pour les crudités, attendez qu’il ait soufflé sa première bougie !

Les fruits crus ou cuits

Eh oui, Bébé va enfin pouvoir goûter aux fruits frais. Les fraises, les poires… oui, mais bien lavées, pelées, écrasées et toujours très fondantes. Soyez particulièrement vigilante aux pépins de certains de fruits ! Bébé ne consomme pas de grandes quantités de fruits et risque même de s’amuser avec. Au dessert, il retrouvera avec plaisir les fruits écrasés dans un pot en plastique paré contre les chocs : les compotes, qui lui permettent de manger tout seul… Avec quelques dégâts. Mais Bébé adorera sa texture veloutée, onctueuse et son goût très doux …En associant à la douceur de la crème les fruits nécessaires à son développement, une bonne compote aux fruits accompagne l’éveil nutritionnel de Bébé, stimule son goût et l’initie à une nouvelle forme de gourmandise !

Le chocolat

Pour aider Bébé à se réveiller tout en douceur, faites-lui découvrir le goût sucré du cacao. À son âge, ne lui proposez que sous forme de céréales instantanées. Les boissons prêtes à l’emploi ou les céréales du matin vont prendre ce bon petit goût cacaoté et sucré qui accompagnera Bébé tout au long de son enfance. En avant pour les bons « petits déj' » ! Données au petit-déjeuner, les céréales sont les meilleures alliées des bébés actifs et pleins d’énergie. Elles leur permettront de bien soutenir leurs nombreuses activités et de patienter jusqu’au déjeuner, évitant ainsi les grignotages.

 

Le lait infantile

À cette période où les repas de Bébé deviennent de plus en plus variés, veillez toujours à ce qu’il prenne quotidiennement ses 500 ml de lait infantile indispensables à sa bonne croissance. Vous pouvez les lui proposer sous forme de lait, accompagné de céréales au petit-déjeuner, ou de laitages savoureux et variés pour la pause de l’après-midi. A partir de 10 mois, le lait de croissance prend le relais du lait de suite.

L’apprentissage des formes et des goûts.

Faites découvrir à Bébé la forme « originelle » des aliments qu’il trouve chaque jour dans son assiette, à l’aide d’une image ou, mieux encore, du produit lui-même. L’objectif est de lui faire comprendre que, par exemple, toutes les pommes de terre ne sont pas en purée ! De même que les autres sens, le goût évolue au cours des premières années : ce qui est acquis ne l’est pas définitivement, et inversement. Ne vous inquiétez pas si Bébé semble bouder la purée de haricots verts qu’il appréciait tant la veille. Ce n’est pas forcément par caprice. Essayez de varier les saveurs, mais aussi la température (chaud-froid) ou les couleurs. Pour les premiers essais, proposez à Bébé des assiettes un peu moins uniformes, avec des petits morceaux de viande ou de poisson très finement coupés. Après une première période d’adaptation, séparez la viande des légumes dans l’assiette de Bébé. Il sera ainsi capable de différencier le goût des aliments.

Pas de place au chantage !

Il se peut aussi que Bébé ait décidé de tester vos limites ou considère les repas comme un jeu. Dans ce cas, ne vous fâchez pas, mais faites preuve de fermeté. Ne cédez pas au chantage : acceptez son refus avec indifférence et ne lui donnez rien d’autre à la place. Il comprendra ainsi que ses exigences n’ont pas à être toujours satisfaites! Si Bébé refuse les légumes, rusez un peu : suscitez son intérêt en lui proposant une couleur différente chaque jour. Lundi : vert pour les haricots. Mardi : rouge pour la tomate. Mercredi, jaune pour les pommes de terre. Jeudi, orange pour les carottes…

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